La Guerre de Ian Fleming


Se pavaner au bras de superbes femmes, piloter des voitures de luxe, se faire caresser les testicules avec une tapette, tant de fantasmes que nourrissent les hommes, les vrais. Ian Fleming a créé James Bond pour pouvoir les assouvir par procuration. Pour ce faire, il s’est largement inspiré de ce qu’il a vu et vécu au cours des cinq années passées au sein des services secrets de la Navy pendant la guerre. Cette période est peu évoquée par les livres et les sites dédiés à 007.

Par Valéry Der Sarkissian

Fleming était un aventurier, mais un aventurier en pantoufles. Il fut l’assistant personnel de l’amiral John Godfrey, directeur des services secrets de la Marine. Son rôle consistait à pondre des mémos, servir d’intermédiaire entre les différents services et jouer un rôle de cerbère devant la porte de l’amiral. Un véritable fonctionnaire, quoi ! Et, ce qui est peu connu, guère apprécié par ses collègues et la hiérarchie. À sa décharge, Fleming fut engagé en tant qu’administrateur civil. Il ne connaissait rien à l’armée, et encore moins aux services secrets. Pourtant Fleming avait des idées, dont certaines retinrent l’attention.

Au début de la guerre, l’Amirauté britannique apprit que la marine allemande possédait sa propre machine de codage. En septembre 1940, Fleming fut à l’origine de l’opération RUTHLESS, une mission telle qu’on les conçoit à Hollywood, destinée à récupérer un exemplaire de cette machine. Il s’agissait de simuler le crash d’un avion allemand en mer. À l’intérieur, un commando anglais. Un U-boat de la Kriegsmarine accueillerait à son bord les survivants qui n’auraient qu’à se rendre maîtres du navire, voler la machine et filer à la manière de Shakespeare (à l’anglaise). Malgré ce scénario du tonnerre, le projet fut rejeté par les producteurs de l’Amirauté. Motif : le jeu n’en valait pas la chandelle.

Fleming, conscient des restrictions budgétaires, proposa alors l’opération « Goldeneye », qui ne coûterait pas un rond. L’objectif était cette fois d’empêcher Franco et toute l’Espagne avec lui, de s’allier aux forces de l’Axe, tout en protégeant le rocher de Gibraltar d’une possible invasion. Curieusement, l’amiral Godfrey eut la même idée que Fleming ; il appela son projet l’opération « Tracer »… Devinez laquelle fut retenue ?

La seule réussite majeure à mettre au crédit de Fleming est la création d’une équipe de commandos, sous les ordres directs de l’Amirauté. Cette équipe s’illustra notamment lors de la destruction d’une usine de roquettes V1 au Luxembourg et par la capture d’officiers nazis…


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