From Maryam with Love


Paru dans Le Bond 25, Juin 2011

Paru dans Le Bond 25, octobre 2011

Pour le grand public, Maryam d’Abo est bien-sûr Kara Milovy dans Tuer n’est pas jouer.

Véritablement slave et parfaitement francophile, Maryam est l’une des rares à n’avoir pas renié l’expérience bondienne. Comédienne de théâtre par vocation, elle bâtit, désormais aussi comme réalisatrice, une carrière exigeante, marquée par la curiosité et l’ouverture aux autres. Retour sur le parcours éclectique et passionné de l’attachante marraine du Club James Bond France…

par Pierre Fabry

Non. Qu’on se le dise Maryam d’Abo n’est pas française. Elle doit son parfait français à sa jeunesse et son éduction, entre Grenoble et Genève, à la faveur des mutations de sa mère, qui travaille pour l’UNICEF. Londonienne, Maryam fait une partie de sa vie en France, comme ses premières armes dans le métier.

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Bien qu’ayant choisi d’étudier l’art dramatique au Drama Center de Londres, le virus des planches la prend en Suisse à l’âge de onze ans. En 1982, ce sont ces premières apparitions sur scènes aux côtés de grands noms du théâtre hexagonal, Denis Manuel et Jacques Weber, excusez du peu.

A cette même époque, Maryam décide d’aller passer un casting pour un film de James Bond, alors en production, Octopussy. Elle est recalée. Son physique juvénile ne convainc pas. Pourtant, ce premier contact pèsera dans l’avenir.

Sa carrière se poursuit donc, alternant expérience britanniques et françaises avec un même bonheur, et un éclectisme rare dans la profession. Elle donne ainsi la réplique à Carmet, Marielle, Depardieu, Lanvin, Emmanuelle Béart ou Carole Bouquet… avant de s’engager dans un gros projet inspiré de Nabokov, avec Maximilian Schell et Mike Jagger et qui, hélas, ne verra jamais le jour faute de budget.

C’est dans ce moment de doute et de dépit, que Maryam est à nouveau contactée par Eon productions. Barbara Broccoli, avec qui elle s’est liée d’amitié, l’enjoint de se présenter à nouveau au casting du prochain Bond… A cette époque, Maryam l’ignore, le nouvel acteur est choisi : Pierce Brosnan. Et Maryam est choisie. Blondeur, traits slaves de par ses origines georgiennes et donc grande capacité à prendre l’accent russe : elle correspond parfaitement au rôle, et a tapé dans l’œil de John Glen !

mariam1Kara est la Bond girl type, dans la lignée d’une Tatiana Romanova (Bons baisers de Russie, 1963) ou Tiffany Case (Les diamants sont éternels, 1971) : de rang de tueuse manipulée ennemie de 007, elle accède au statut d’allié suprême de Bond en tombant dans ses bras. Comme Tatiana, romantique à souhait, Kara agit par amour, sincère et candide. Cela tombe bien, le Bond de Dalton est plus fleur bleu qu’il ne l’a jamais été.

En comédienne de théâtre, Maryam est ravi du choix final de « Tim » Dalton, acteur shakespearien s’il en est. Le perfectionnisme et la curiosité réciproques des deux stars fera le reste, et installera une immédiate et durable complicité entre ces deux humanistes atypiques. Comme dans cette scène de concert, où Maryam/Kara, se fait violoncelliste et interprète un concerto avec une vérité qui bluffera toute l’équipe. En coulisses, des heures et des heures de travail pour positionner ses mains sur les cordes et l’archer au centimètre prêt.

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De cette expérience qui la fait connaître au monde entier ; Maryam ne garde que de bons souvenirs. Par deux fois, John Glen fera appel à elle.Bond Girls are Forever Femme de parole et de reconnaissance, Miss d’Abo rendra hommage, comme aucune autre girl avant elle, à la saga en 2002. Par un ouvrage co-écrit avec John Cork, qui fait désormais référence : Bondgirls Are Forever… Qui devient un documentaire largement diffusé. En 2006, elle rempile pour réaliser les interviews du making of de Casino Royale. Femme de cœur et de fidélité ensuite, comme lorsqu’elle réalise ce documentaire sur les victimes de ruptures d’anévrisme que la touche personnellement, en 2009. Une fois encore, Maryam est là, présente pour témoigner et épauler.

Et comme au côté du Club James Bond France dont elle a accepté d’être marraine en 2005. Fidèle, comme toujours…

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REPÈRES

1960 : Naissance à Londres
1983 : Premier rôle au cinéma
1987 : Kara Milovy dans Tuer n’est pas jouer
1993 : Leon, the pigfarmer
2003 : Bondgirls Are Forever co-écrits avec John Cork (livre et documentaire)
2005 : Devient marraine du Club James Bond France
2009 : Le portrait de Dorian Gray avec Colin Firth, et réalise un documentaire sur les victimes de ruptures d’anévrisme


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