[Exclusif] Des extraits du dernier livre de Roger Moore


C’est avec plaisir que le Club James Bond France vous présente quelques extraits exclusifs du dernier livre de Roger Moore.

Dans On ne vit que deux fois, souvenirs d’hier et d’aujourd’hui, l’acteur britannique qui a fameusement incarné l’agent 007 partageait pour la dernière fois ses mémoires sur sa vie et sa carrière. Grâce au traducteur de cet ouvrage, le membre du Club Fréderic Albert Levy, et aux Editions Hors Collection, nous sommes ravis de partager aujourd’hui deux extraits du livre qui sortira en librairie le 9 novembre.

James Bond pour une première fois ?

Dès juin 1964, le producteur Charles K. Feldman, qui avait acquis les droits du premier roman de Ian Fleming, déclarait qu’il s’apprêtait à tourner un film qui ferait concurrence aux « Bond  » produits par Harry Saltzman et Albert Broccoli, en précisant : « Je veux pour le rôle un comédien anglais et le comédien idéal serait Roger Moore. »

Interrogé à ce sujet par des journalistes pendant le tournage du Saint, je leur répondis en substance que je rêvais depuis toujours d’interpréter James Bond et que, si je n’étais pas trop occupé avec Simon Templar, j’aurais beaucoup de plaisir à le faire. Mais Feldman choisit de produire un « Bond » parodique, le fameux Casino Royale 1967, avec David Niven, Peter Sellers et Woody Allen. Et je dus ronger mon frein pendant dix ans avant de pouvoir réaliser mon rêve.

Européen

À l’occasion d’un tournage, je me suis retrouvé en 1983 à côté du mur de Berlin et j’ai pu constater moi-même comment le rideau de fer avait pu déchirer une cité. Six ans plus tard, la chute du Mur sonnait le glas de la guerre froide et du communisme et la libre circulation des populations entre les deux Allemagnes ne tarda pas à conduire à la réunification. Au moment où j’écris ces lignes, le Royaume-uni s’apprête à se retirer de l’union européenne (jadis marché commun), dont il était membre depuis quarante ans. Vox populi… Mais cette voix m’a rempli de tristesse, car j’ai toujours pensé que l’unité de l’Europe était une bonne chose. Je suis sujet britannique et fier de l’être, mais je me suis toujours considéré aussi comme un Européen ‒ je vis d’ailleurs en France et à Monaco depuis la fin des années soixante-dix ‒ et je crois sincèrement que l’union des États européens est ce qui nous a permis d’éviter une troisième guerre mondiale. Les échanges culturels et commerciaux ont conduit à l’ouverture des frontières et à une diminution du coût de la vie.

La participation à l’Union européenne a été une bonne chose à tous les niveaux : elle a garanti les droits des travailleurs ; elle a instauré le congé de paternité pour les nouveaux pères ; elle a amené les vols low cost et permis à des familles de partir en vacances ; elle a contraint les opérateurs de téléphones mobiles à appliquer pour les communications internationales les mêmes tarifs ‒ ou presque ‒ que pour les communications à l’intérieur d’un même pays. L’Union européenne n’est peut-être pas une réussite sur tous les plans, mais j’estime qu’elle a apporté au Royaume-Uni plus de bien que de mal.

L’Angleterre n’a jamais adopté l’euro, mais je me souviens de la révolution que fut en 1971 pour les Britanniques le passage au système décimal. Les moins de cinquante ans savent-ils encore qu’il y avait vingt shillings dans une livre et douze pence dans un shilling ? Cette arithmétique exigeait parfois une gymnastique un peu complexe, mais les gens y étaient attachés. Toutefois, même si nous avons été au départ un peu déboussolés face à cette nouvelle livre qui comptait cent new pence, et même si nous soupçonnions les commerçants d’arrondir toujours à l’échelon supérieur lorsqu’ils convertissaient les prix, nous nous y sommes tous faits.

Ce à quoi, en revanche, je n’arrive pas à m’habituer, c’est l’emploi du système métrique pour définir les poids et les longueurs. Si vous me demandez combien je mesure, je vous répondrai : « Je crois que je fais 1,83 mètres, mais je n’en suis pas sûr. » Quant à mon poids, je sais qu’il est de 12,5 stones, ce qui doit faire à peu près 80 kilos, mais, là encore, je n’en mettrais pas ma main au feu…

On ne vit que deux fois, Souvenirs d’hier et d’aujourd’hui sort le 9 novembre en librairie, aux éditions Hors Collection.


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