30 ans de jeux vidéos James Bond

2013 fut l’année des 60 ans du premier roman « Casino Royale », mais ce n’est pas le seul anniversaire. Voilà déjà 30 ans que le « premier » jeu vidéo consacré à James Bond est sorti. Flashback.

Petite histoire des jeux 007

Simplement nommé « James Bond 007  », le jeu sorti en 1983 sur Commodore 64, Atari 2600/5200 et Colecovision. Les quatre niveaux du jeu étaient basiques : la vue était en défilement latéral en 2D. Le joueur incarnait 007 conduisant la Lotus Esprit amphibie. Sa mission : détruire les véhicules ennemis avec des torpilles et éviter les mines et autres obstacles déposées par les méchants. Le jeu ressemble plus à Mario qu’à James Bond. Mais il faut un début à tout, et ce jeu est le premier d’une longue série avec des styles différents.

De 1983 à 1997, huit jeux se sont succédés, principalement des adaptations de films déjà existants, notamment A View To A Kill, The Living Daylights, Live and Let Die, Licence To Kill et The Spy Who Loved Me. Malgré le fait que les films changent, les jeux se ressemblent, il faut très souvent conduire un véhicule et tuer ou détruire l’ennemi… Un autre jeu sorti en 1991, connait un succès un peu plus important car vendu dans plus de pays que les précédents.

De 1991 à 1997, aucun jeu réellement centré sur l’agent 007 ne sort. Hormis en 1993, un jeu pour enfant basé sur le dessin animé James Bond Junior qui est vivement critiqué, au même titre que la série animée. James Bond ne semble pas fait pour les consoles de jeu tout comme Lara Croft n’est pas faite pour le cinéma. Mais en 1997 les choses changent. Voilà deux ans que GoldenEye est sorti au cinéma mais Nintendo prend quand même le risque de sortir le jeu tiré du film : Goldeneye 007 sur N64. C’est aujourd’hui encore le plus gros succès de la saga en jeu vidéo, considéré comme l’un des meilleurs par les fans de James Bond et les amateurs de Nintendo 64.

Suite à cela, Electronic Arts achète les droits sur les prochains jeux. Le premier à sortir est Demain ne meurt jamais en 1999 sur Playstation 1. Il ne rencontre pas autant de succès que le précédent mais EA retente l’expérience l’année suivante avec Le monde ne suffit pas sur PS1 et Nintendo 64. Dans la foulée, le développeur propose 007 Racing, exclusivement centré sur les automobiles de Bond. Nouvel échec. En 2001, EA choisit un mélange des deux derniers jeux sortis. Espion pour cible combine le tir subjectif et les scènes de poursuites en voiture. Le jeu est apprécié et marque l’arrivée de 007 sur les nouvelles consoles : la PS2, la Xbox et la Nintendo Game Cube.

Nightfire (2002) et Quitte ou Double (2004) sont des jeux qui utilisent le même cocktail : ils ont autant de succès. En 2004, un autre jeu en relation avec la saga voit le jour, GoldenEye : Au service du Mal. Il ne met pas en scène James Bond mais un scénario inédit dans lequel Dr No affronte Goldfinger. Le jeu tente de s’approprier le succès grâce à la comparaison avec le jeu de 1997, mais les joueurs n’apprécient pas que l’on utilise le nom de GoldenEye alors que l’on joue pas James Bond. L’année suivante, des fans se chargent de rendre justice au nom de Goldeneye en proposant un mod pour PC gratuit qui est un remake du multijoueur du jeu de N64 : GoldenEye: Source.

Toujours en 2005, une autre expérience est tentée. Faute de nouveau film et du départ de Pierce Brosnan, EA fait le paris d’adapter un ancien film de 007, avec l’adaptation de Bons baisers de Russie, dernier jeu développé par EA Games qui est bien accueilli, avec Sean Connery qui pour la dernière fois, joue le rôle de Bond en prêtant sa voix.

On connaît la suite : la franchise des jeux vidéos est rachetée par Activision qui sortira Quantum of Solace, un jeu couvrant les films Casino Royale et Quantum of Solace. Le FPS ne rencontre pas le succès attendu alors que la franchise cinéma, elle, redémarre. Trop convenu, sans originalité dans le gameplay, et sans rien à proposer dans l’histoire, cette nouvelle aventure ne trouve pas son public. Plus tard, le studio essaie de rebondir et proposera en 2010 deux jeux développés par des studios différents : un remake de Goldeneye N64 : Goldeneye 007, actualisé et modernisé avec l’avatar de Daniel Craig, le support sur Wii et un environnement contemporain.

Le même jour une nouvelle aventure inédite avec Daniel Craig sort sur 360 et PS3 : Blood Stone. L’aventure est originale et le doublage soigné, mais le gameplay peu innovant n’arrive pas à imposer Bloodstone comme un poids lourd, au milieu d’une industrie du jeu en perpétuelle évolution et qui cherche toujours à se dépasser.

En 2011, Activision sort un remake/remaster du remake de Goldeneye 007 N64 qui était sorti sur Wii l’an dernier. Intitulé GoldenEye 007 Reloaded, il s’agit d’un portage entre guillemets « HD » du jeu pour la 360 et la PS3.

Le jeu des 50 ans de la saga cinématographique : 007 Legends, connaitra lui aussi un échec commercial et critique, malgré une idée de base plutôt bonne et des acteurs qui reprennent leur rôle pour adapter de courtes missions inspirées de six films. Activision réalise alors que le fan service ne suffit pas pour assurer un bon jeu vidéo et décide de renoncer à ses droits sur James Bond.

Étonnamment c’est Glu Mobile qui, comme son nom l’indique, est un éditeur/développeur de jeu vidéo sur téléphone mobile, acquière les droits et annonce un free to play, à la plus grande crainte des fans. Le jeu, nommé James Bond: World of Espionage, est sortie en 2015 mais l’accueil critique n’est pas au rendez-vous.

En plus de 30 ans, James Bond a connu de nombreux échec mais continue à évoluer malgré tout avec quelques beaux succès à son actif. En effet, Goldeneye sur N64 et des jeux comme Quitte ou double ont montré que 007 pouvait tout à fait transposer son univers de façon distrayante, à condition que l’espion fasse ce qu’il sait faire de mieux : se dépasser et proposer ce que personne d’autre ne propose. Le problème c’est que aujourd’hui on ne sait pas qui possède vraiment la franchise vidéoludique et malheureusement personne ne semble vouloir un sortir un jeu vidéo James Bond, que ce soit dans un avenir proche ou éloigné…

Meurs un autre jeu

Meurs un autre jeu

Dossier : MEURS UN AUTRE JEU
les jeux vidéos 007 qui ne sont jamais parus.

Tous les jeux James Bond :

Année Titre Développeur Editeur Support Type Interprète
Voix
1982 Shaken but Not Stirred Richard Shepherd Soft. Richard Shepherd Soft. ZX Spectrum Aventure textuel /
1983 James Bond 007 Parker Brothers Parker Brothers Atari 2600, Atari 5200, Atari 8-bit computers,Commodore 64, ColecoVision, Sega SG-1000 Side-scrollier 2D Roger Moore
1985 A View to a Kill Domark Domark ZX Spectrum, Amstrad CPC, Commodore 64,Oric 1, Oric Atmos, MSX Action Roger Moore
1985 James Bond 007: A View to a Kill Angelsoft Mindscape DOS, Macintosh, Apple II Aventure textuel /
1986 Goldfinger Anglesoft Mindscape PC, Apple II et Mac Aventure textuel /
1987 The Living Daylights Melbourne House Domark Amiga, Amstrad CPC, Amstrad PCW, Atari 8-bit,BBC Micro, Commodore 64, MSX, ZX Spectrum Action 2D Timothy Dalton
1988 Live and Let Die Elite Systems Domark Amiga, Atari ST, Amstrad CPC, Commodore 64,DOS, ZX Spectrum Course Roger Moore
1989 Licence to Kill Quixel Domark DOS, Amiga, Amstrad CPC, Atari ST, BBC Micro,Commodore 64, MSX, ZX Spectrum Action / Course Timothy Dalton
1990 The Spy Who Loved Me The Kremlin Domark Amiga, Atari ST, Amstrad CPC, Commodore 64,DOS, Sega Master System, ZX Spectrum Course Roger Moore
1991 James Bond Jr. Eurocom (NES), Gray Matter (SNES) THQ NES, Super NES Plateforme /
1993 James Bond 007: The Duel The Kremlin Domark Software Mega Drive, Master System, Game Gear Action 2D Timothy Dalton
1997 GoldenEye 007 Rare Nintendo Nintendo 64 FPS Pierce Brosnan
1998 James Bond 007 Saffire Nintendo Game Boy Action /
1999 Demain ne meurt jamais
Tomorrow Never Dies
Black Ops Entertainment Electronic Arts Playstation 1 TPS Pierce Brosnan
Adam Blackwood
2000 Le monde ne suffit pas
The World Is Not Enough
Eurocom (N64)
Black Ops Ent. (PS1)
Electronic Arts Nitendo 64, Playstation 1 FPS Pierce Brosnan
Adam Blackwood
2000 007 Racing Eutechnyx Electronic Arts Playstation 1 Course Pierce Brosnan
Adam Blackwood
2001 Espion pour cible
Agent Under Fire
EA Redwood Shores Electronic Arts Playstation 2, GameCube, Xbox FPS/Course Andrew Bicknell
Andrew Bicknell
2002 Nightfire Eurocom, Gearbox (PC), Savage Entertain. (GBA) Electronic Arts Playstation 2, GameCube, Xbox, PC, Mac,Game Boy Advance FPS (Course) Pierce Brosnan
Maxwell Caulfield
2003 Quitte ou double
Everything or Nothing
EA Redwood Shores
Griptonite Games (GBA)
Electronic Arts Playstation 2, GameCube, Xbox,Game Boy Advance TPS/Course Pierce Brosnan
Pierce Brosnan
2004 GoldenEye : Au service du mal
GoldenEye: Rogue Agent
Electronic Arts
n-Space (DS)
Electronic Arts Playstation 2, Xbox, GameCube, Nintendo DS FPS /
2005 Bons baisers de Russie
From Russia With Love
EA Redwood Shores
Rebellion Develop. (PSP)
Electronic Arts PlayStation 2, Xbox, GameCube, PSP TPS/Course Sean Connery
Sean Connery
2005 GoldenEye: Source / / PC FPS Pierce Brosnan
2008 Quantum of Solace Treyarch, Beenox (PC, Wii),
Vicarious Visions (DS), Eurocom (PS2)
Activision Xbox 360, Playstation 3, PC, Wii, Playstation 2,Nintendo DS FPS/TPS Daniel Craig
Daniel Craig
2010 Blood Stone Bizarre Creations
n-Space (DS)
Activision Xbox 360, Playstation 3, PC, Nintendo DS TPS/Course Daniel Craig
Daniel Craig
2010 GoldenEye 007 Eurocom
n-Space (DS)
Activision Wii, Nintendo DS FPS Daniel Craig
Daniel Craig
2011 GoldenEye 007: Reloaded Eurocom Activision Xbox 360, Playstation 3 FPS Daniel Craig
Daniel Craig
2012 007 Legends Eurocom Activision Xbox 360, Playstation 3, PC, Wii U FPS Daniel Craig
Timothy Watson
2015 James Bond: World of Espionage Glu Mobile Glu Mobile Téléphones mobiles et tablettes tactiles(Android et iOS) Jeu de rôle free to play Daniel Craig

Les jeux inspirés de 007

Et pour finir, si vous en avez marre de ressortir vos consoles/émulateurs pour rejouer aux vieux jeux 007 dans cette période creuse sans nouveaux titres à l’horizon, on vous propose une petite liste de jeux non-Bond qui ont toutefois été influencés par 007 :

Sly Spy : en 1989, Data East développe et publie un jeu d’arcade qui ne cache pas ses références à James Bond, la preuve sur un certain dessin qui reprend carrément une photo promotionnelle de Timothy Dalton ! Au programme : de la chute libre, de la plongée, des fusillades, des combats contre des boss inspirés des méchants de la saga (comme un qui lance son chapeau tranchant) et même une arme ultime à débloquer : le « Golden Gun ».

Operation Stealth : Sorti en 1990 sur Amiga, Atari ST, MS-DOS, Operation Stealth vous met au commandes de l’agent de la CIA John Glames qui est chargé de mener l’enquête au Santa Paragua, une république bananière d’Amérique latine, pour retrouver un prototype d’avion furtif volé. Si ce point and click n’est pas forcement très intuitif, le scénario (qui bénéficie d’ailleurs d’une traduction française) est très inspiré de l’univers de James Bond. Tellement inspiré que lorsqu’il sortira aux États-Unis, le jeu sera tout simplement renommé James Bond 007: The Stealth Affair et le héros James Bond !

Perfect Dark : souvent décrit comme la « suite spirituelle » du GoldenEye 007, Perfect Dark est un FPS de Rareware sortie sur Nintendo 64 en 2000. Si l’intrigue est futuriste et si le personnage principal une femme, le gameplay, le système de difficulté, des armes, les triches, sont quant à eux très similaires à GE et le jeu utilise une version améliorée du même moteur de jeu. On retrouve également les mêmes compositeurs et certaines cartes multijoueurs sont reprises de GoldenEye 007 comme « Facility » devenue « Félicité » sur Perfect Dark. On remarquera aussi que la texture du perssonage de « Mr. Blonde » est basée sur Stamper du film de Demain ne meurt jamais. Une version remaster de Perfect Dark est sortie sur le Xbox Live Arcade en 2010.

Les jeux No One Lives Forever : en 1998, Monolith Productions commence a travaillé sur un jeu d’espionnage se déroulant dans les années ’60 et inspirés de films comme Notre homme Flint ou de séries comme Chapeau melon et bottes de cuir. À ce stade le héros est nommé Adam Church, un agent secret britannique travaillant pour le « MI0 » qui a pour mission d’aider un biophysicien allemand à passer à l’ouest ; toutefois le transfuge est enlevé par un groupe terroriste du nom de H.A.R.M. Le joueur sera capable d’utiliser plusieurs gadgets au cours de l’aventure. Mais lorsque le FPS est présenté à l’E3 de 1999, il est immédiatement comparé à Goldeneye 007, d’autant plus que le titre est assez proche d’un roman de John Gardner (Nobody Lives for Ever). Sauf que les développeurs ne voulaient pas imiter Bond et pour éviter la comparaison, le personnage principal devient une femme : Cate Archer. Le ton change aussi, ce sera toujours un jeu espionnage dans les années ’60, mais sous forme de parodie à la Austin Powers avec H.A.R.M. comme une caricature du S.P.E.C.T.R.E.
Lorsque le jeu sort il est très bien accueilli par la presse et les joueurs, mais est toujours comparé (à juste titre) à James Bond. Le succés sera tel qu’un second jeu, No One Lives Forever 2 : le C.R.I.M.E est éternel, sera mis en chantier et ferra concurrence à la version PC de Nightfire (et les critiques de NOLF2 seront d’ailleurs meilleurs que celles de NF). Le jeu propose des tas de gadgets comme le rouge à lèvres appareil photo, le poudrier-décodeur, ou encore un classique : des peaux de bananes. Le jeu est orienté infiltration (bien que ce côté soit gâché par des ennemis qui respawn à l’infini).

Time Splitter 2 : que vient faire un autre jeu où le joueur doit affronter des extraterrestres sur une page de James Bond ? Hé bien figurez vous que les développeurs de ce jeu (Free Radical Design) sont pour la plupart des anciens de chez Rare et cela se ressent ! Le gameplay, les déplacements, la barre de vie de ce Time Splitter rappellent fortement un certain Goldeneye 007 et Perfect Dark comme le montre n’importe quel extrait du jeu. Cerise sur le gâteau, la musique du jeu est composée par Graeme Norgate qui avait justement travaillé sur ces jeux de N64.

Les jeux Splinter Cell : vers 2000, Ubisoft Montréal essaye d’impressionner les détenteurs de la licence James Bond avec un nouveau jeu, sans succès. Après moult modifications, ce jeu a pris son inspiration dans l’univers du romancier Tom Clancy (au lieu de Ian Fleming) et est ultérieurement devenu Splinter Cell. Cette série de jeu n’a pourtant rien à envier aux derniers jeux de l’agent 007, elle prouve qu’il est possible d’allier infiltration, bon jeu et gadgets high-tech. Avec l’opus Conviction, la saga Splinter Cell a pris un tournant un peu plus orienté action et Raven Software s’en est vraisemblablement inspiré pour créer un jeu James Bond qui n’a malheureusement jamais vu le jour.

Les jeux Uncharted : voilà des jeux qui vous mettent dans la peau de Nathan Drake, aventurier et sorte de Lara Croft au masculin. Basé sur l’action, Uncharted se permet quelques références à James Bond ici et là, notamment dans le troisième opus et plus précisément lors d’un combat dans un avion-cargo qui ne sera pas sans rappeler Tuer n’est pas jouer. Au même titre que l’agent 007, Nathan Drake est aussi souvent accompagné de personnages féminins.



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