Casino Royale – 1953

Casino Royale

Casino Royale est le tout premier roman où apparaît James Bond, il a été publié au Royaume-Uni le 13 avril 1953. La traduction française est d’abord parue sous le titre de Espions, faites vos jeux, puis Casino Royal (sans « e ») avant de devenir Casino Royale en 2006.

Synopsis

La premier roman écrit par Fleming amène James Bond, agent des services secrets britanniques, en France et plus précisément à Royale-les-Eaux, pour faire face à Le Chiffre, un trésorier qui est un agent à la solde de l’URSS.

Ce dernier a investi en douce l’argent que ses employeurs lui ont confié dans une chaîne de bordels français. Il espérait ainsi faire fructifier les fonds, mais il se trouve que la loi Marthe Richard a été votée environ trois mois plus tard. Celle-ci a pour but de faire fermer les maisons closes en France et de renforcer la lutte contre le proxénétisme, ce qui réduit à néant la valeur des investissements du Chiffre. Pour tenter de faire face à la faillite et éviter que le SMERSH ne lui règle son compte, Le Chiffre trouve une solution sous la forme d’une partie de cartes.

Dans une ville infestée d’espions à la solde de différentes puissantes, Bond a pour mission de battre Le Chiffre à son propre jeu : une partie de Baccara de haut vol. Si Le Chiffre perd, cela pourrait porter un coup au communisme en France.

Bond peut heureusement compter sur le soutien de René Mathis, du Deuxième Bureau, de l’agent de la CIA Felix Leiter, ainsi que de l’intrigante Vesper Lynd, l’assistante personnelle du chef de la Station S du SIS, que l’on a également assigné à sa mission.

Attentats, séduction, torture, assassinats… la première aventure de Bond l’amène dans un monde bien plus dangereux que ce que laissent penser les devantures du Casino de Royale.

L’odeur de la sueur et de la cigarette devient nauséabonde, à 3h du matin. À ce moment, l’érosion produite par les paris, un mélange d’avidité, de peur et de tension nerveuse, devient insupportable et les sens se réveillent et se révoltent.

James Bond s’aperçut soudain qu’il était fatigué. Il savait toujours quand son corps ou son esprit en avait assez et il agissait en conséquence. Cet instinct l’aidait à éviter l’écoeurement, l’avertissait du moment où ses sens s’émoussaient et où il risquait de commettre des fautes.

Il s’écarta discrètement de la roulette et vint s’appuyer un moment à la barre de cuivre qui entourait, à la hauteur de poitrine, la grande table du privé.

Le Chiffre continuait à jouer et, apparemment, à gagner. Il y avait devant lui, en désordre, un tas de plaques de cent mille. À l’ombre de son bras gauche puissant s’abritait discrètement une pile de grandes plaques jaunes, valant chacune un demi-million de francs.

Ian Fleming
Casino Royale

Personnages principaux

  • James Bond
  • Le Chiffre : agent de l’URSS qui a une couverture de trésorier des syndicats ouvriers d’Alsace, organisme contrôlé par les communistes.
  • Vesper Lynd : assistante personnelle du chef de la Station S du SIS, assignée à Bond pour l’accompagner
  • Felix Leiter : agent de la CIA
  • René Mathis : agent du Deuxième Bureau.

Anecdotes

Selon Pearson, le premier manuscrit de du roman a été écrit du 15 janvier 1952 et au 18 mars 1952. Fleming écrivait environ 2000 mots par jour, sans avoir fait de recherches préalable sur les choses qui se trouvent dans le roman.

Avant d’appeler son héros James Bond, Ian Fleming avait d’abord opté pour « James Secretan », comme le montre un manuscrit du roman daté de 1952. Fleming a finalement baptiser son personnage d’après un ornithologue qui était nommé… James Bond. Ce dernier est l’auteur du livre Birds of the West Indies, un ouvrage que Fleming aimait garder près de lui durant le petit déjeuner. Dans le même genre, avant de s’appeler Miss Moneypenny, la secrétaire de M était nommée Miss Pettavel et les première pages nous présentaient un certain « Baum », nom qui fut rayé et remplacé par « The Number », puis « Le Chiffre ».

Fleming avait originellement écrit cette phrase durant la description du casino : « C’était décent et une scène presque élégante à l’exception de l’odeur des joueurs ».

Fleming a voulu dédicacer Casino Royale à sa femme, Ann, mais celle-ci a refusé et lui a dit qu’un livre de cette sorte ne devrait être dédicacé à personne.

La couverture de la première édition a été designer par Fleming lui-même, il l’a décrit comme de la « symétrie exquise et de la chasteté absolue ».

La tentative d’assassinat sur James Bond à Royale-les-Eaux est, selon Fleming, tirée d’une histoire vraie : « Cela [Casino Royale] a été écrit pour me changer les idées sur d’autres affaires*. Les personnages ne sont pas basés des gens, mais quelques-uns des incidents sont factuels. Le truc de bombe a été utilisé par les Russes dans une tentative d’assassinat sur von Papen pendant la guerre à Ankara » (le * correspond notamment à « mariage »). Comme Bond, Franz von Papen, qui était le vice-chancelier du Reich et ambassadeur en Turquie, a réussi à survivre grâce à des arbres qui l’ont protégé du souffle de l’explosion.

Dans le même ordre d’idée, selon Pearson, Fleming et l’amiral Godfrey (directeur du Naval Intelligence) se sont rendu au Portugal en 1941. Alors qu’ils étaient dans un casino d’Estoril, Fleming s’est imaginé en train d’engager des agents Allemands au baccara pour leur faire perdre leur argent. Cependant il n’y avait en réalité que quelques Portugais au casino… Quoi qu’il en soit, Fleming a joué et a perdu son argent. Fleming a aussi lu pendant la guerre un rapport d’un certain Ralph Izzard qui a joué contre de véritables agents nazis dans un casino à Pernambuco (Fleming a ensuite invité Izzard à dîner pour qu’il lui donne des détails).

Toujours en 1941 pendant la guerre, Fleming accompagné de William Stephenson, s’est introduit dans le bureau d’un consul Japonais au Rockefeller Center. Ils ont microfilmé et copié un livre de code japonais avant de quitté le bureau comme ils l’avaient trouvé. Dans Casino Royale il est expliqué que Bond a notamment tué un « expert japonais du chiffre, au trente-sixième étage du building R.C.A. à Rockefeller Center, là où les Japonais avaient leur consulat » pour être promu double-zéro.

SMERSH n’est pas une invention de Fleming, toutefois la vrai organisation était différente de celle décrite dans ses romans. Le vrai SMERSH fut formé en vers 1942 afin de contrer les tentatives d’infiltrer l’Armée rouge par les forces allemandes. Comme le note Pearson : « SMERSH était vraiment un corps qui travaillait très largement avec l’Armée Rouge pendant la guerre, purgeant les espions allemands, les saboteurs et les traîtres russes, et c’était une erreur de penser que SMERSH avait opéré en dehors des frontières de l’URSS […]. Fleming, qui a toujours su quand une histoire était bonne lorsqu’il en rencontrait une, n’y a pas prêter attention et a continué à se fonder sur sa conception dépassée de SMERSH ». Vers la fin de la guerre, SMERSH a été chargé de retrouver Adolph Hitler et si possible de le capturer vivant. Lorsque Fleming a écrit Casino Royale, cela faisait déjà des années que SMERSH n’existait plus, l’organisation ayant été dissoute en 1946 et ses taches ayant été transférées au NKGB.

Après avoir achevé Casino Royale, Fleming s’acheta une machine à écrire plaquée en or.

Casino Royale fut publié le 13 avril 1953, le premier tirage était de 4 750 exemplaires. Dés mai ils furent tous écoulés.

Popular Library a publié le roman aux USA sous le titre You Asked for It parce qu’elle pensait que les américains ne saurait pas prononcé le mot « Royale ». Parmi les autre titres alternatif que Fleming avait donné donné à Popular Library, on peut remarquer : The Double-O Agent et The Deadly Gamble.

C’est se sont les éditions Presses internationales qui furent les premiers à traduire le roman en France, dans leur collection Inter Espions, sous le titre de Espions, faites vos jeux. Cependant, les éditions Presses internationales ne sont pas connues pour avoir fait des traductions fidèles des œuvres de Fleming, c’est même plutôt l’inverse. Outre de nombreux passages coupés, cette traduction situe l’action en 1960 dans un casino de Nice ! De même Bond ne conduit pas une Bentley mais une Facel Vega, et Vesper trouve que Bond ressemble à Roger Vadim (au lieu de Hoagy Carmichael).

Chose inédite pour un James Bond, le roman a été adapté trois fois à l’écran. Il fut d’abord l’objet d’un téléfilm en 1954, ce dernier est fidèle à l’intrigue du roman. En 1967, Casino Royale est adapté en film, mais il s’agit d’une parodie loufoque qui n’a presque rien à voir avec l’œuvre originale. Enfin en 2006, EON adapte fidèlement Casino Royale en film tout en l’actualisant à notre époque. Par ailleurs, dans les années 50-60, la 20th Century Fox était intéressé par faire un film tiré du roman, mais celui-ci n’a jamais vu le jour.

Casino Royale fut le premier roman de Fleming a être adapté en comic strip par le Daily Express, du 7 juillet 1958 au 13 décembre 1958.

L’auteur : Ian Fleming

Ian Fleming lit la première édition US.

Ian Fleming lit la première édition US.


Arme de service principale : Beretta .25

Véhicule : Bentley 4½ Litre (avec compresseur Amberst Villiers).

Pays principaux : France (Royale-les-Eaux et ses environs).


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