Replonger dans l'univers sonore de Burt Bacharach ne revient pas seulement à remonter le temps vers une époque musicale (les sixties) pétillante, débraillée et pour ainsi dire surannée, mais simplement identifier un compositeur qui n'a peut-être jamais autant été à la mode. Bien avant la série des Austin Powers, qui reprend d'ailleurs certains titres du compositeur, Casino Royale parodiait allègrement les James Bond, suivi dans ses délires par l'alter ego fantaisiste de John Barry. Délicieusement idiote, insensiblement séduisante et cocasse, cette musique, en apparence décérébrée, qui cultive l'absurde musical avec une jubilation assumée et contagieuse dissimule au-delà de sa nonchalance une grande qualité d'écriture. Il suffit d'écouter la fanfare délirante qui sert de thème principal pour s'en convaincre : rares sont les compositeurs capables de maîtriser la futilité avec une telle réussite, une telle science de la dérision et la séduction réunies. Une réédition légère comme des bulles de champagne, faussement superficielle et réellement ensorcelante. |