James Bond 007 Casino Royale : réédition du comics strip par Titan

Couverture Titan Casino Royale

Cours de rattrapage pour les non-initiés : en 1953, Ian Lancaster Fleming signe son tout premier roman d’espionnage, Casino Royale. Retitré façon Mickey Spillane à sa sortie US 'You Asked For It!' le roman introduit donc le personnage de James Bond, assassin patenté au service de sa Majesté.

Cinq ans plus tard, sous la direction de Ian Fleming lui-même, les scénaristes Henry Gammidge et Anthony Herne découpent le roman 'à la machette' (dixit le créateur de l’agent 007), obligés qu’ils sont de rythmer chaque semaine par un coup de théâtre la dernière case de la bd hebdomadaire du Daily Express.

C’est l’illustrateur John McLusky qui est choisi pour enfin visualiser James Bond. Sa version reste très fidèle à la version littéraire, jusqu’à la boucle de cheveux qui rebique au milieu du front (un détail capillaire qu’aucun acteur n’a jusqu’ici réussi à s’approprier !).

Du 7 juillet au 13 décembre 1958, le strip tiendra en haleine les lecteurs du quotidien. Détail piquant, c’est le Daily Express le premier qui lancera ensuite un sondage parmi ses lecteurs pour qu’ils désignent plus tard le premier acteur idéal pour incarner le personnage de Bond au cinéma. Sondage dont les résultats influenceront grandement le choix d’Albert Broccoli et de Harry Saltzman en 1962 !!!

S’il faut bien reconnaître le caractère très minimaliste de l’intrigue de Casino Royale, et son côté 'anti Rouge' très désuet (pour mémoire, 007 est chargé de réussir à faire dilapider les fonds du trésorier du Smersh, Le Chiffre, afin de court-circuiter la mise en place de son réseau…). Hormis une poursuite en voiture, où 007 finit dans le décor, aucun élément d’exotisme ou de personnages à l'ego démesuré comme Fleming s’appliquera ensuite à mettre sur la route de l’agent secret…

Couverture Casino Royale Titan

En revanche, on trouve déjà dans ce 'roman prototype' un méchant haut en couleur, l’insondable Le Chiffre, un sadisme latent (la scène de torture via carpette de tapis particulièrement salée), une héroïne tout à fait désirable et un goût pour les situations extrêmes. Paradoxalement, on en apprend très peu sur le personnage central de l’intrigue, plus sur son environnement…

C’est donc avec intérêt que l’on se penchera sur cette version, en gardant à l’esprit les possibilités de script offertes à Neil Purvis et Robert Wade, censés adapter le roman en question pour le vingt-et-unième film de la série… Un remake à la puissance trois si l’on remonte à la première adaptation télévisée du Climax Mystery Theatre de 1954.

En bonus de cette nouvelle édition, la version de Vivre et Laisser Mourir ('le plus sadique des romans de Fleming' dixit le critique littéraire du Times !) également illustrée par McLusky. Ultime Cerise sur le gâteau : une intro exclusive signée de la plume – toujours acerbe – de Sir Roger Moore !

Dans sa préface, l'acteur livre quelques anecdotes savoureuses sur douze années passées dans la peau de 007 et, surprise, l’acteur y fait montre d’une réelle connaissance de l’œuvre de Ian Fleming. Il se livre en effet à une analyse rapide des romans, Vivre et Laisser Mourir et même Moonraker (bonus inédit rajouté à la dernière minute par l’éditeur Titan).

«…Par chance, j’ai réussi à survivre au tournage de Live and Let Die sans trop de bobos, et j’ai dû réussir quelque chose de passable pour qu’on me demande de revenir à six reprises (!)… Moonraker n’aurait pas dû être mon quatrième James Bond, mais à cause des succès rencontrés par les Star Wars et autres Rencontres du 3ème Type, Cubby décida de reléguer en cinquième position Rien Que Pour Vos Yeux, pourtant annoncé à la fin de L’Espion qui m’aimait pour s’atteler à Moonraker.
Forcément, l’intrigue un peu faiblarbe du roman fût mise au goût du jour avec une bonne injection de «Gadgeto virus», et l’aiguille du compteur «Action» monta de pas mal de degrés…
Bond constitue une part importante de ma vie, douze années et sept films constitueraient une somme dans la vie de n’importe qui, et je reste profondément reconnaissant à l’homme qui, il y a plus de cinquante ans, décida de s’asseoir à son bureau dans sa villa de GoldenEye à la Jamaïque pour commencer à écrire les premières lignes de Casino Royale
»

Remerciements : Sophie Mitchell – TITAN Books

© Kevin Collette 2005


James Bond vu par Ian Fleming


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