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"Le premier est un sang-bleu, issu d'une grande famille, Lord Brett Sinclair... L'autre est plutôt différent, un arriviste, Danny Wilde... L'un sans l'autre, ils n'ont aucun intérêt pour moi. Ils ont tous les deux une certaine valeur, mais additionnés, comme en chimie... Prenez deux produits relativement peu |
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dangereux, disons du nitrate et de la glycérine. Mêlez ces deux produits et vous allez obtenir une combinaison explosive ! Le juge Fulton | ||||

En 1969, pendant la dernière année de tournage du Saint, Robert S. Baker pense déjà à l'avenir. Il réfléchit à une série qui mettrait en opposition deux personnages fondamentalement différents, mais réuni par une solide amitié. Le projet de nouvelle série va mettre une bonne année à mûrir. Entre-temps, Robert S. Baker et Roger Moore, déjà associés dans la Bamore qui produisit les quarante-sept épisodes du Saint, montent une nouvelle société, Tribune Production. La série des aventures de Simon Templar ayant pris fin, ils mettent en chantier plusieurs projets de longs métrages. En 1969, ils sortent Double jeu (Crossplot), réalisé par Alvin Rakoff. Dans le même temps, le schéma de base de la nouvelle série prend corps peu à peu. Deux jeunes gens richissimes, membres de la jet-set, amateurs de filles et grands coureurs de palaces et de casinos, y seraient amicalement opposés. La série serait un cocktail d'action, d'aventures et d'intrigues, situé dans le cadre des paysages de la Riviera et de l'Europe chic de la villégiature. Robert S. Baker soumet l'idée à Sir Lew Grade, patron d 'ATV, l'une des stations du network anglais ITV, la première télévision privée, fondée en 1955. Lew Grade traverse l'Atlantique pour aller en négocier la diffusion américaine et revient avec l'accord d'ABC. De son côté, Roger Moore, pourtant peu emballé par l'idée de replonger dans l'univers d'une série télévisée pour un nombre d'années indéterminé, a donné son aval pour le projet. Reste à lui trouver un coéquipier et complice. Après avoir songé à Rock Hudson, on suggère de proposer le rôle à Tony Curtis. Le personnage du pilote, un Texan bon teint, est repensé en fonction de l'acteur et devient un brasseur d'affaires new-yorkais brillant et dynamique. L'accord de Tony Curtis obtenu, Robert S. Baker se retrouve à la tête d'un casting hors pair : du jamais vu à la télévision. Commence alors, avec l'ébauche des premiers scénarios, la véritable gestation de la série. Les personnages de Brett Sinclair et Danny Wilde sont des répliques de fiction de Roger Moore et Tony Curtis. Avec Terry Nation, Robert S. Baker souhaite leur écrire des histoires qui leur conviennent et non pas, comme c'est généralement le cas, leur demander de se couler dans le scénario. Démarré au printemps 1970, le tournage de la série dure dix-huit mois, à raison de deux semaines par épisodes, entre les studios de Pinewood en Angleterre et les tournages en extérieurs sur la côte d'Azur. |
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![]() Sir Lew Grade et Robert S. Baker |
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Diffusée en Angleterre, Amicalement vôtre est bien reçue par les téléspectateurs. En Europe occidentale, le succès frise le délire, de même qu'en Australie. Aux Etats-Unis, en revanche, l'accueil est très réservé. Les Américains ne sont guère enthousiasmés par cette série où les us et coutumes des sujets de Sa Très Gracieuse Majesté sont portés au pinacle, où l'on traite leur cher pays "d'ancienne colonie" et où l'on tend à faire passer l'un des leurs pour un maladroit, voire un grossier personnage et un lourdaud. Après une saison de vingt-quatre épisodes, ABC ne renouvelle pas son contrat de diffusion : un problème pour les producteurs pour qui les Etats-Unis sont le marché télévisuel de référence et surtout le plus lucratif. De son côté, Roger Moore, sollicité pour endosser le costume de l'agent 007, James Bond, embarque pour de nouvelles aventures de charme et d'action. |
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