Desmond Llewelyn, so Q !


Paru dans Le Bond 26 (Décembre 2011)

Paru dans Le Bond 26 (Décembre 2011)

Le 19 décembre 1999, après plus de trente-six ans de bons et loyaux services, disparaissait l’immensément populaire Desmond Llewelyn, deuxième « Q », mais « Q » historique de la saga. Lui qui fournissait l’agent 007 en bolides de toutes sortes meurt accidentellement lors d’une collision automobile.

Par Eric Saussine

– J’ai toujours essayé de vous enseigner deux choses. La première, ne jamais montré qu’on est blessé.
– Et la seconde ?
– Toujours avoir un plan d’évasion.

Q.
Le Monde ne suffit pas

Malgré cette dernière apparition quasi-prophétique dans Le monde ne suffit pas, et alors qu’il s’apprêtait à rentrer dans sa cinquième décennie de collaboration avec Eon productions, Desmond Llewelyn ne montrait en 1999 aucune volonté d’arrêter la saga.

On se demandait, en voyant cette dernière scène, s’il ne s’agissait pas du champ du cygne de cet immense personnage, le vétéran de la série qui, à cet âge vénérable, avait bien gagné le droit de partir en retraite. Ce n’était pas le souhait de Desmond.

Il était au sommet de sa popularité et demeurait adoré des fans. Peu de temps avant sa fin tragique, il répondait par l’affirmative à un journaliste qui lui demandait s’il avait l’intention de continuer, « Tant que le Tout-puissant ne veux pas de moi, et que les producteurs me veulent encore. »

Q3Sir Llewelyn fait sa toute première (et minime) apparition cinématographique en 1938. Lorsqu’éclate le second conflit mondial, il est appelé sous les drapeaux comme sous-lieutenant dans le régiment gallois des « Royal Welsh Fusiliers ». Fait prisonnier, il passera cinq années en captivité avant de retrouver les plateaux. Ce n’est donc qu’après-guerre que débute véritablement une carrière.

Il enchaîne les petits rôles. En 1950, il tourne sous la direction de Terence Young dans There were not divided. Cette rencontre changera sa vie. Desmond commence à incarner le major Boothroyd dans Bons baisers de Russie en 1963, prenant la relève de Peter Burton, indisponible pour le deuxième film. Mal lui en prit.

Son successeur fournit en gadget pas moins de cinq James Bond durant trente-six ans. Un record absolu, pour un être aussi doué pour interpréter ce bricoleur de génie qu’il était réfractaire à la technologie dans la vraie vie.

Q5

Sa bonté et sa disponibilité ne trompent pas. A Pinewood, Desmond Llewelyn est éminemment populaire. Non seulement pendant les tournages, durant lesquels les équipes affluent pour assister à ces scènes, mais aussi lors des réunions de fans.

Le bel hommage que rendirent Eon et Pinewood à ce comédien mythique est encore visible dans les superbes jardins du studio : une stèle à son nom témoigne de son apport à la saga. Réduire Desmond à Bond, c’est oublier qu’il personnifie le cinéma britannique d’après-guerre. Second rôle reconnu, il apparait dans une cinquantaine de films au cinéma et à la télévision durant soixante ans d’une dense carrière.

Q6A l’heure où le nouveau « Q » prend les traits d’un jeune geek, génie de l’informatique, le Géo Trouvetout du 20ème siècle appelle en nous cette phrase tirée d’une autre saga de cinéma : « There can be only one ».


REPÈRES

1914 : Naissance à Newport au Pays de Galle

1938 : Ask a policeman, débuts à l’écran

1948 : Hamlet de Laurence Olivier

1950 : They were not divided, première collaboration avec T. Young

1963 : Incarne « Q » dans Bons baisers de Russie

1998 : Parution de sa biographie Q : The life of Desmond Llewelyn

1999 : Décès accidentel au retour d’une séance de dédicaces


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