SKYFALL : Ola Rapace revient sur sa participation à la saga 007 (Interview)


OLA RAPACE : retour sur sa participation à SKYFALL

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Ola Rapace joue Patrice, le tueur mutique qui parasite la vie de Bond pendant la première partie de Skyfall. Nous avons croisé l’acteur suédois sur le tournage d’un court-métrage de Keyvan Sheikhalishahi, Divertimento, au Château de Champlatreux, superbe domaine dans la banlieue nord de Paris, grâce à l’entremise de Götz Otto (Stamper, dans Demain ne meurt jamais). Affable et souriant, l’acteur a accepté de se confier, presque au pied levé, lors de la pause déjeuner de… 16h.

Propos recueillis par Jessy Conjat et Eric Saussine

Traduit de l’anglais par Eric Saussine

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous parlez bien Français, dites donc.

Oui, je me débrouille. Quand je reviens en France ça revient assez facilement. j’aime bien parler français.

 

Vivez-vous à Paris ?

Non, je ne vis pas à Paris. J’y ai un appartement. Je vis principalement à Stockholm, où se trouve ma fille, et à Londres, où se trouve mon fils. Je suis entre Paris, Stockholm et Londres, surtout Stockholm.

 

Comment êtes-vous rentré dans le show-business ?

C’était plutôt accidentel. Plus jeune, je faisais de la musique. Un moment donné, je me suis dit que je ne pouvais pas rester musicien toute ma vie. Ce n’était pas vraiment sérieux. J’ai demandé à une de mes petites amies ce qu’elle en pensait, ce que je devrais faire. Elle m’a dit : « Tu devrais être acteur. » Je n’étais pas convaincu. Mais elle m’a inscrit à une école d’art dramatique là où j’habitais. Un jour elle m’a dit : « Tu as ton rendez-vous pour une audition. » « Quoi ! » « Je me suis porté candidat pour toi, maintenant faut que tu y ailles. » Alors j’y suis allé. Et j’ai été accepté. En Suède, il est assez dur d’entrer dans des écoles d’art dramatique. Il n’y en a que trois. J’y suis arrivé dès le premier essai. Et j’ai adoré ça, j’avais trouvé ma vocation.

 

C’était peut-être accidentel, mais pourriez-vous imaginer ce que vous auriez fait si vous n’étiez pas devenu acteur.

Dur à dire, mais j’aurais pu travailler dans la musique, d’une manière ou d’une autre. Enregistrer de la musique, ou produire de la musique, quelque chose du genre… j’aurais eu du mal à garder un boulot régulier de 9h à 17h.

 

Est-ce que vous regardiez les films de James Bond quand vous étiez plus jeune ?

Pas vraiment. Je n’étais pas vraiment un fan de James Bond, quand on m’a engagé pour Skyfall. À cette occasion, je les ai tous vus, et je me suis vraiment pris au jeu. Je suis devenu un fan, au moment où j’allais travailler pour Bond. Je suis très fan maintenant. J’adore Casino Royale.

 

Comment avez-vous obtenu le rôle ?

Il cherchait un acteur qui pouvait faire de la moto, se battre. Les producteurs voulait un cascadeur. Sam Mendes a dit qu’il lui fallait un acteur. Les producteurs lui avaient rétorqué que le personnage n’avait aucune réplique, qu’un cascadeur pouvait faire l’affaire. Il a insisté pour avoir un authentique acteur. Ils ont eu un millier d’auditions pour ce rôle. J’ai fait une première audition à Stockholm. Les gens chargés du casting là-bas m’ont demandé si j’étais prêt à aller à Londres pour faire des essais concernant le combat à mains nues et le pilotage de moto. J’ai répondu : « Bien entendu. » J’avais conduit une moto toute ma vie et je m’étais pas mal battu. J’ai passé deux semaines à Londres à faire ces deux activités. Le vendredi, après les 2 semaines, on m’a dit : « Sam Mendes veut te voir à Pinewood », dans la banlieue de Londres. Je me suis rendu à son bureau. Il m’a demandé de m’asseoir. J’ai répondu à quelques questions. Et il m’a dit : « Tu as le rôle ». Le chemin pour y arriver a été long, mais ça finit par un très abrupt  : « Tu as le rôle »  de la part du réalisateur Sam Mendes. Je suis retourné à Stockholm si heureux (rires).

 

Quelle situation étrange de devoir s’entraîner avant d’avoir le rôle ?

C’était plus une manière de me tester que de m’entraîner. Les cascadeurs avait dit à Sam : « Aucun acteur ne va réussir à conduire des motos, ou se battre. » Quand il était acquis que le rôle irait à un acteur, ils ont dit qu’il allait falloir tester celui-ci avec rigueur, pour savoir s’il allait parvenir à faire toutes ces actions une fois à Istanbul.

 

Au-delà du fait que vous aviez les capacités, cela fut-il difficile sur le plateau ?

Certaines choses étaient assez difficiles, mais on a répété très longtemps. Le tournage a aussi été long. C’était une sorte de marathon… En fait, c’était pas si dur que ça mais ce qui était dur, c’était de le faire pendant tant de semaines. J’ai passé quelque chose comme quatre mois dessus.

 

 

N’y avait-il pas quelque danger dans la routine créée par le fait de répéter toutes ces actions ?

Ça n’a jamais vraiment été une routine. L’adrénaline était toujours là. Bon il y avait toujours une dose de risque, c’était toujours un peu dangereux. Alors vous restez toujours sur vos gardes afin de ne pas vous faire mal ou de ne pas faire mal à autrui… comme tous ces moments où nous sommes sur le toit du train, où il nous faut plonger à l’approche des tunnels. Tout le monde était très concentré. On s’est aussi beaucoup amusé.

 

Quelle était l’ambiance générale sur le plateau ?

C’était vraiment très plaisant. Honda avait une équipe sur place. Ils me disaient :  « Est-ce que tu veux faire un tour en moto ? » « Super. Allons faire un tour en moto ! » Audi était là avec toutes les voitures : « Est-ce que tu veux casser une voiture ? » « Allons casser une voiture ! » (rires) On s’est vraiment beaucoup amusé, surtout avec l’équipe cascade. Et avec les autres acteurs aussi.

 

Avez-vous travaillé davantage avec l’équipe cascade ou avec l’équipe principale ?

Je dirais fifty-fifty. Avant le tournage, j’ai passé davantage de temps avec l’équipe cascade, pour m’entraîner, répéter les chorégraphies, les connaître vraiment par cœur. Après tout, c’était vraiment complexe, il y avait des centaines de figurants. Mais tout s’est bien passé parce que nous avons eu ce temps de préparation avant. Donc je me suis sentie en totale sécurité sur le plateau quand il a vraiment fallu filmer.

 

Même si votre personnage n’avait pas de répliques, avez-vous pu contribuer à son développement ?

J’aimerais croire que oui. Je ne peux pas en être tout à fait sûr. Un acteur a de toute façon une approche différente du travail puisqu’il prête vie au personnage, au-delà de la partie purement action et technique. C’est peut-être cet état d’esprit qui contribue au développement du personnage.

 

Comment était-ce de travailler avec Daniel Craig ?

J’ai adoré travailler avec Daniel. Il est tellement terre-à-terre et généreux. Il est très facile de travailler avec lui, très agréable de l’avoir autour de soi. Il la ramène pas. Très sympa.

 

Quel est votre meilleur souvenir sur ce tournage ?

Il y a cette scène en moto. Ce n’est pas moi qui fait le saut lui-même. Mais je fais tout ce qui mène au saut. Et il y a l’après avec l’atterrissage sur le train en marche. Ce jour-là, le timing devait être tellement parfait. Moi qui arrive jusqu’au pont, le cascadeur qui me remplace, je devais être nickel, et je n’étais pas vraiment sûr d’y arriver. Et en plus, le risque que prenait le cascadeur était énorme. Je ne voulais pas être le gars qui allait provoquer un accident. Le fait d’avoir réussi à faire mon travail ce jour-là, et que tout se soit bien passé, constitue mon meilleur souvenir. Et je me souviens que Sam était vraiment ravi. Au départ, il avait des doutes sur la faisabilité de la scène. L’équipe cascade lui avait assuré que c’était parfaitement faisable. Alors, le fait tout fonctionne, et le sentiment de soulagement juste après, c’est vraiment mon meilleur souvenir.

 

Avez-vous participé à la promotion du film ?

Oui, j’ai été dans quelques pays, comme la Turquie, et bien sûr Londres. Les Bond sont une grande famille, il y a de bonnes ondes entre les gens, ils sont très chaleureux. C’est vraiment très sympa de faire partie de ce groupe. D’habitude je ne suis pas trop fan des périodes promotionnelles, mais j’ai aimé même ces moments-là.

 

Est-ce que l’on travaille sur un Bond différemment que sur d’autres productions ?

Au moment où vous faites votre travail proprement dit, il n’y a pas grande différence, à mon avis. Tout est juste plus gros. il y a plus d’argent. Et puis vous avez les petits plus, comme votre chauffeur 24 heures sur 24. Mais la base du travail est assez identique. Et aussi, tout le monde travaille avec attention. D’habitude sur ces gros films, tout le monde s’en fiche. Sur un Bond, tout le monde est passionné. (rires)

 

Est-ce que vous vous êtes fait des amis sur le plateau ?

Oui, je me suis fait pas mal d’amis. Surtout parmi l’équipe cascade. J’ai gardé le contact, et je les vois toujours pas mal. Certains sont devenus de très bons amis.

 

Comment êtes-vous arrivé sur le projet de ce court-métrage, Divertimento ?

Je ne sais pas, il vous faut demander à Keyvan [Sheikhalishahi, le réalisateur] ! Je crois que c’est un énorme fan de Bond. Je crois qu’il me connaissait grâce à Skyfall. Et il a dû penser, pour quelque raison que ce soit, que j’allais correspondre au rôle. Une fois qu’il s’intéresse à vous, il regarde absolument tout ce que vous faites. J’ai été très heureux quand il m’a appelé, car il a vraiment beaucoup de talent. Je pense qu’il sera la prochaine superstar de la réalisation.

 

Est-ce que Skyfall a été un tournant dans votre carrière ?

Oui, on m’a offert davantage de rôles d’action. Je n’en faisais pas tant que ça avant Bond. J’ai eu quelques bons rôles dans ce domaine après Skyfall.

 

Ola Rapace a également été modélisé pour 007 Legends

Est-ce par exemple ce qui vous a valu votre rôle dans Valérian de Luc Besson ?

Oui, exactement. C’était un tout petit rôle, mais cela était extrêmement amusant. Tout était vraiment très secret sur ce plateau à Saint-Denis. Il fallait être très discret. Pour faire les 10 mètres qui nous menait de la salle des costumes au plateau, il nous fallait porter des peignoirs même à l’intérieur du studio ! Il est assez difficile de jouer avec des écrans verts tout autour de vous. « On va faire comme si le vaisseau est à 100 mètres, maintenant il est à 50 m, maintenant, plonge au sol ! » Il faut faire semblant sur tout ! C’est intéressant, mais assez difficile.

 

Vous avez fait deux films de science-fiction en France. Est-ce un genre qui vous plaît particulièrement ?

J’ai remarqué que vous aimiez bien la science-fiction en France. Il y a beaucoup d’acteurs et de réalisateurs qui aiment la science-fiction dans votre pays. J’aime beaucoup ça, mais en ce qui concerne mes rôles, c’est plutôt une coïncidence.

 

Quels sont les rôles que vous aimeriez que l’on vous offre ?

Vous savez, je suis un peu idiot. Quand je fais quelque chose, après je veux faire totalement l’opposé (rires). Cela faisait 6 mois que je tournais cette série policière avec des otages sur un ferry à Copenhague. En sortant de ce tournage, je voulais vraiment un rôle dramatique, qui tourne autour des relations entre les personnages.

 

Quel est le pitch de Divertimento ?

Il s’agit d’une sorte de jeu « live » entre gens riches, qui tourne mal… et maintenant que je suis ici en train de jouer ça, je ferais bien un peu d’action ! Après, il y a des acteurs avec qui je rêverais de jouer, comme Christian Bale. Si c’est avec des gens de ce calibre, réalisateur ou acteur, qu’importe le genre, l’important c’est l’expérience. J’adorerais faire quelque chose de plus dramatique avec Sam Mendes, avec un rôle un petit peu plus développé. Il est si brillant. Ce serait vraiment un rêve !

 

Remerciements à Götz Otto et Keyvan Sheikhalishahi.

 

 

 


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